À propos

Jean jouant du piano

Il y a 40 et quelques années…

J’arrivais dans un coin à peine français, le Roussillon, un coin béni des dieux entre mer et montagne, à un saut de puce de l’Espagne catalane. Un coin qui avait hébergé pendant un certain temps Picasso, Braque mais aussi Cocteau sous un ciel bleu marine et sous un vent sublime, la Tramontane. Le vent des peintres, pour la lumière définitive qu’elle met sur la nature, un vent qui donne envie de se mettre debout, le bonheur aux cheveux.
Enfance heureuse comme on dit entre mon père, ma mère, mon frère, ma sœur, le chien Oscar, ma grand-mère et mon arrière grand-mère. Une famille encore méditerranéenne…
Enfance ouverte dans une maison ouverte. Enfance pianistique déjà avec une sensibilité dévor ée par un professeur cannibale. Enfance tennistique aussi avec le haut niveau à portée de raquette. Enfance docile et studieuse. Trop peut-être. Un trop qui vous ouvre grand les portes de la difficulté d’être. « Par délicatesse, aurais-je perdu ma vie ?… »

Il y a 20 et quelques années…

Montpellier. Quand on était natif de l’enclave catalane, on devait partir pour grandir. Alors je suis parti. Tennis étude d’abord. Etudes de médecine ensuite. Et là, les textes de mes chansons qui venaient sans crier gare, la musique qui pointe son nez. La guitare parce que c’est beau et transportable. Une grande période de création qui reste secrète, même pour moi.
Montpellier, c’est aussi la déferlante de l’amitié. Des amis de toujours et pour toujours. Encore une chanson que j’écris sur une musique d’Anne Sylvestre et que je ne peux toujours pas chanter, sauf entre amis…Les allers-retours le week-end vers Perpignan. Le changement inévitable à Narbonne parce que le chemin de fer aboutit à un cul-de-sac…C’est vous dire. Le buffet de la gare et une femme dans un coin qui a l’air très seule. Et qui devient une femme seule. Musique de mon ami d’enfance Thierry.
Montpellier c’est aussi le moment de la découverte d’un nouveau continent, les filles, les femmes. Un continent dans lequel je me perds, je me retrouve et dans lequel je peux jouer à mourir à chaque fois. J’en fais encore des chansons entre l’exaltation et la souffrance.
La souffrance, comme une vague douce qui me ballotte sans le dire parce que je suis heureux, vraiment heureux. Et de cette idée, une chanson de plus.

Il y a 4 et quelques années…

Je change tout. De vie, de métier, de lieu. Une vie de rêve entre ma famille, la médecine qui me fait entrer chez les gens, le soleil, les amis. Patrick, mon ami. Je pars pour Paris, je deviens un médecin salarié. Je me cogne à la capitale. Ma famille se cogne à la capitale. Une gangue se casse. Tout se casse et tout le monde renaît.
La chanson devient une raison de vivre de plus. Les textes et les musiques de ma jeunesse resurgissent et me trouvent le même. Ni eux ni moi n’ont changé. Silencieuse stupeur !… Et peu à peu ce savoir qui s’installe : Ce que j’ai écrit, c’est pour la vie. J’ai décrit sans le savoir à 25 ans l’homme que je suis devenu à 45. Je me re-trouve… Je compose des musiques, j’écris peu mais je collabore avec des auteurs. Je découvre que je sais ce que c’est qu’une chanson bien faite, et que peu de gens le savent. Je sais comment on trouve sans chercher, comment on attrape l’émotion avec un filet à papillon, comment on travaille ensuite le diamant, patiemment avec la certitude qu’on va gagner tôt ou tard. 20 ans parfois séparent un texte de sa mélodie. Le temps n’a strictement aucune importance.

Il y a 2 et quelques années…

Chanter ces textes qui viennent du fond de mon âge devient une évidence. C’est moi. C’était déjà moi. Je commence par les cafés, les restaurants. Tous ces lieux parisiens qui aiment la chanson. Mes chansons. Et des rencontres. Catherine, une personnalité invraisemblable avec qui je « duote » sur scène et dans l’écriture. Jean-Paul mon ami du sud, accordéoniste sensible qui vient me rejoindre de temps en temps à Paris. Et tous les autres. Au début, le public est clairsemé et hasardeux, mais c’est un public et je chante mes textes et mes musiques. Ensuite, le public s’étoffe un peu. Je constate que l’on peut partager mon univers. J’en ai envie. Je n’ai plus peur de me mettre tout nu.

Il y a quelques mois…

Studio. Arrangements. Musiciens. Un disque. Parce que disque c’est mieux que CD. Du travail de préparation. Une semaine enfermé dans un studio d’enregistrement. Parties d’accordéon, parties de basse et de guitare. Merci à vous les musiciens vraiment « balèzes ». Photos, création pour le livret, site internet, merci à vous les amis, la famille. Du travail de pro. Et moi, je suis le chat qui a mangé la souris. Ça se voit sur la photo retenue pour la pochette…

Aujourd’hui…

Je suis auteur, compositeur, interprète. Je vais donc écrire, composer et chanter. Je vous tiens au courant…